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Coraline de Henri Selick

Publié le 2 juin 2009 par Bamboo :: Cinéma, Livres, Musique

Coraline

Quand vous êtes une petite fille qui vient d’emménager dans une nouvelle maison, une nouvelle ville loin de vos repères et de vos meilleurs amis. Quand vos parents sont occupés à tel point qu’ils vous remarquent à peine et n’ont pas de temps à vous consacrer. Que faites-vous ? Vous vous consolez en partant à la découverte de cette grande et vieille bâtisse devenue à présent votre foyer.

C’est ce que fait Coraline Jones, dégourdie et aventureuse, du haut de ses 11 ans. Là, elle découvre derrière une toute petite porte, à la tombée du jour un monde parallèle, reflet magnifié du monde réel où ses Autres Mère et Père semblent des parents modèles. Alors pourquoi tous les êtres parfaits de ce monde parfait, ont-ils des boutons à la place des yeux ? Alors pourquoi Coraline sent que certaines vérités lui échappent ?


Anecdotes et petites notes autour de Coraline

Ce film est tiré du roman éponyme de Neil Gaiman. L’auteur anglo-saxon qui enchaîne les succès littéraires, avait écrit ce conte pour sa fille. Depuis le subjuguant et onirique L’Etrange Noël de Monsieur Jack, le talent de Henri Selick brode encore autour d’un univers dark et gothique. Une  fois de plus, son récit où l’humour s’associe à du second degré, la beauté visuelle s’allie à la virtuosité technique, convainc pleinement. Il a choisi une combinaison d’effets 3D (non pas une surenchère d’animations grandioses mais un fondu opérant une magie fluide et discrète) à la technique stop motion (le classique : image par image). Un making of disponible sur le site officiel et féerique du film (site récompensé) donne un aperçu de la patience nécessaire pour cette mise en place [et aussi une envie folle de faucher toutes les adorables marionnettes].

Coraline me ravit en ce sens que le film fait écho à bien des références personnelles, littéraires ou cinématographiques. Et à ce jeu-là, chacun peut s’amuser à y voir des rappels de tel conte pour enfant, de tel film enchanteur plus « adute « .

La première allusion évidente se rapporte à Alice aux pays des merveilles et sa traversée du miroir. Cette thématique commune du monde alternatif renvoie spontanément aussi, au Labyrinthe de Pan ou au cycle des Neufs Princes d’Ambre.

Pour la petite Coraline, comme pour Chihiro lors de son voyage, comme pour Dorothy dans son pays d’Oz, on pense encore à un rite initiatique, rite de passage : ce nécessaire apprentissage de la maturité qui fait prendre conscience du véritable attachement à sa maison, à ses vrais parents. Quelles que soient leurs défauts. La perfection n’est pas humaine, n’est-ce pas ?

Bambooclub façon Coraline

Bambooclub façon Coraline

On retient que notre jeune héroïne subit trois épreuves comme dans tout bon conte. Trois : chiffre magique. L’omniprésence d’un univers de forains, saltimbanques étranges et horrifiques à de quoi rappeler la parade des Freaks ou plus proche de nous, le monde décalé du cirque à la Caro et Jeunet, première période : Delicatessen, La Cité des enfants perdus.

Le déroulement narratif offre ici le plus souvent ce que l’on attend et juste parfois ce que l’on n’attend pas. Ainsi à l’inverse des codes habituelles de magie, le chat noir – sosie de celui trônant fièrement sur l’affiche de Steinlen, au cabaret de la butte Montmartre – animal emblématique des sorcières, qui nous inspire tant de méfiance au début, s’avère un brave compagnon de route.

Pour sa part, Wybie n’existe pas dans le livre. Le roman a pour cadre l’Angleterre, dans le film ça se passe aux Etats-Unis. M. Bobo devient M. Bobinsky. Dans le film, Coraline passe quatre fois par le tunnel (Symbole du cordon ombilical ? D’un désir régressif ?). Teri Hatcher, la desperate housewife cette fois-ci est vraiment une parfaite mère !

Miss Spink & Miss Forcible, les voisines de Coraline

Miss Spink & Miss Forcible, les voisines de Coraline

Miss Spink & Miss Forcible #1

Miss Spink & Miss Forcible #2

Miss Spink & Miss Forcible #3

Face aux grands studios, on a un petit faible pour ce côté « Handmade, Homemade ». Je gage que notre héroïne Coraline tout comme Là-Haut l’autre grand film d’animation 3D vont séduire le public. Sans conteste, voir la version 3D en vaut la peine (aïe, cette grosse aiguille qui vous pique l’oeil…). Pour ne pas laisser échapper entièrement l’attrait du monde Coraline, je lis actuellement le bouquin et vais me procurer l’entêtante bande originale signée par le compositeur français Bruno Coulais.

Le trailer

Image de prévisualisation YouTube

Coraline de Henri Selick (Etats-Unis)
Sortie en salle le 10 juin 2009

Fauteuil isoloir

[Habituée aux salles parisiennes, j’ai découvert – agréable surprise – une salle avec écran conséquent, fauteuils confortables dans un complexe CGR refait à neuf depuis peu. Je ne connaissais pas : un siège unique central qui surplombe toute la salle, le « fauteuil du président aux premières loges », chouette !!! ]


• CREDITS PHOTOS ET VISUELS | UNIVERSALPICTURES-FILM.fr | CORALINE.com •

Coraline flower Coraline flower 2

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2 commentaires

  1. Le 3 juin 2009 à 18:32 | Permalien

    Un excellent film, doublé d’une excellente surprise. Je l’ai vu tout début mai à Cambridge (on peut appeler ça une p**** d’avant première!) et je retiens une ambiance parfois terrifiante (notamment lorsque la deuxième mère de Coraline trouve sa véritable forme…le coup du fantôme des enfants aussi…brrr, glauque), des scènes d’un onirisme fou (la salle de spectacle remplie de Chiens écossais, le jardin de la « deuxième famille » incroyablement joli), des seconds rôles remarquables (les deux vieilles soeurs, et surtout l’homme de cirque russe (sa première apparition est mémorable avec ses grandes cannes et son gros bidon)). Enfin, le plus important, le rendu 3D est formidable, pas un pet de flou, un rendu qui évite l’esbrouffe et qui sert parfaitement la mise en scène. J’ai d’ailleurs gardé mes lunettes! Un film à aller voir absolument, formidable à condition d’oublier un peu l’Etrange Noel de Mr.Jack, ça sent les comparaisons et les remarques un peu toute faites (« non mais Mr. Jack c’est le meilleur du monde de l’univers », etc etc…).